
« Nous voulons continuer à faire de la Cstc, la plus grande centrale syndicale du pays »
Reconduit à la tête de la Confédération syndicale des Travailleurs du Cameroun (Cstc) le 17 juillet 2026 à la faveur de sa 6e congrès ordinaire, Abraham Baboulé entame un nouveau mandat à la présidence de la plus ancienne des centrales syndicales du pays, créée en 1972. Dans cet entretien accordé à Monde Professionnel, il revient sur les défis qui attendent son organisation : l’accès à un travail décent pour tous, la syndicalisation des jeunes Travailleurs encore peu familiers au mouvement syndical, ainsi que le renforcement de la représentativité de la Cstc à l’occasion des prochaines élections des Délégués du personnel. Le Président confédéral trace également les grandes lignes de la feuille de route qu’il souhaite voir portée par le futur bureau exécutif, dans un contexte où la centrale entend consolider sa place de premier plan au sein du paysage syndical camerounais.
Vous venez d’être réélu à la tête de la Cstc. Êtes-vous pleinement conscient des nouveaux défis qui attendent la centrale ? Et comment envisagez-vous de les relever ?
Nous en sommes pleinement conscients. Depuis cinq ans que nous sommes aux affaires, nous avons mesuré l’ampleur des difficultés rencontrées. Et si nous avons décidé de nous porter à nouveau candidat à ce poste, c’est précisément pour travailler davantage, corriger les erreurs du passé et conduire la Cstc vers l’avant, au plus haut niveau. Il faut rappeler que la Cstc porte un héritage considérable. Notre organisation trouve son origine en 1972, sous l’appellation Untc, avant de devenir l’Ostc en 1985, puis de prendre son nom actuel, la Confédération syndicale des Travailleurs du Cameroun, en 1992, avec l’avènement du multipartisme.
Aujourd’hui, la Cstc reste affiliée à l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine et à la Confédération syndicale internationale, ce qui nous inscrit dans un réseau continental et mondial de défense des droits des Travailleurs. C’est cette longévité et cette responsabilité historique qui nous imposent d’être encore plus rigoureux et plus efficaces dans la gestion des défis à venir. Nous devons non seulement préserver cet héritage, mais aussi le moderniser pour répondre aux réalités du monde du travail d’aujourd’hui.

Pouvez-vous préciser quels sont ces défis, concrètement, sur le terrain ?
Les défis sont nombreux. Le premier d’entre eux consiste à rechercher des solutions pour que ceux qui travaillent déjà bénéficient d’un travail décent, et pour que ceux qui n’ont pas d’emploi puissent en trouver.
Le second défi, d’ordre syndical, est la syndicalisation du plus grand nombre de Travailleurs possible. Cela signifie que nous devons sensibiliser les jeunes Travailleurs qui, pour la plupart, n’ont jamais entendu parler du syndicat ou n’en connaissent pas les bienfaits. Nous serons donc à l’œuvre sur le terrain, à la fois pour sensibiliser et pour former nos camarades.
Maintenant que vous avez été reconduit à la présidence, quelle feuille de route souhaitez-vous imprimer à la future équipe dirigeante de la centrale ?

Le nouveau bureau sera élu prochainement ; il ne l’est pas encore à ce jour. Il aura une mission essentielle : continuer à faire de la Cstc la plus grande centrale syndicale du pays. Vous savez qu’au Cameroun, le système de représentativité syndicale repose sur les résultats des élections sociales.
Il est donc impératif que, lors des prochaines élections des Délégués du personnel, la Cstc améliore son score, afin que sa voix continue de porter. Cela suppose un travail de fond, mené à la base, autour de la sensibilisation et du recrutement de nouveaux adhérents. La Cstc doit se mettre au travail avec ses organisations affiliées pour développer son pouvoir, notamment par une syndicalisation menée sur tous les fronts.
Arthur Mballa




