Flash info
FORMATIONS

RENTREE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE 2026-2027 : la Délégation régionale du Minefop pour le Centre tient sa sectorielle à Mfou.

Responsables de la délégation régionale du ministère de l’emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) pour le Centre, promoteurs des centres et instituts de formation professionnelle, et autres responsables des collectivités territoriales décentralisées se mobilisent par centaines ce 28 octobre à Mfou dans le cadre de la sectorielle de la rentrée de formation professionnelle 2026-2027. Au centre des préoccupation, l’opération « Un jeune, un métier, un emploi ».

La salle des fêtes de la mairie de Mfou a fait le plein ce mercredi 28 octobre 2026. Responsables administratifs, promoteurs de centres et instituts privés, responsables des établissements publics de formation professionnelle, représentants des collectivités territoriales décentralisées et autres acteurs du secteur ont répondu présents à la rentrée sectorielle de la formation professionnelle dans la région du Centre. Après l’accueil des participants, l’exécution de l’hymne national a donné le ton de cette rencontre consacrée à l’opération « Un jeune, un métier, un emploi » (Jeme), sous le thème « la formation professionnelle au service de l’opération Jeme: un jeune, un métier, un emploi ». Représentant personnel du gouverneur de la région du Centre, Claude Bernard Telep, délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a procédé à l’ouverture des travaux, précédée d’une leçon inaugurale centrée sur les enjeux de cette initiative.

Jeme, le pari d’une formation utile et inclusive

Face au chômage et au sous-emploi des jeunes, particulièrement en milieu rural, l’opération Jeme ambitionne de renforcer les passerelles entre orientation, formation et insertion professionnelle. Dans la continuité d’« Orientation, Formation, Emploi, Vacances Jeunes » (Orfev Jeunes), elle entend consolider les acquis et rapprocher les compétences des besoins du marché du travail.

Jeunes sortis du système scolaire, diplômés sans emploi, jeunes ruraux, personnes déplacées ou issues des zones de crise, personnes en situation de handicap, travailleurs et artisans désireux de faire reconnaître leurs compétences sont concernés par cette dynamique inclusive. Agriculture, élevage, pêche, numérique, bâtiment et travaux publics, mines, artisanat et services émergents figurent parmi les secteurs porteurs ciblés.

Information et orientation, formations qualifiantes, stages en entreprise, immersions professionnelles et accompagnement à l’entrepreneuriat constituent les principaux leviers annoncés. Pour Claude Bernard Telep, l’enjeu est de faire de la formation professionnelle un véritable tremplin vers l’emploi et l’auto-emploi.

Des recommandations fermes aux acteurs

Au cours de la leçon inaugurale, le délégué régional a régulièrement donné la parole aux participants pour recueillir leurs réactions et répondre à leurs préoccupations. Le recrutement des bénéficiaires, le démarrage effectif de JEME et les éventuelles conventions avec les centres de formation ont notamment suscité des interrogations.

Claude Bernard Telep a indiqué que des appels à candidatures avaient été lancés pour le recrutement des personnels et la sélection des bénéficiaires. De nombreuses candidatures auraient été enregistrées et les dossiers transmis à la hiérarchie. Le démarrage effectif reste cependant tributaire de difficultés liées au financement, sans calendrier définitif communiqué aux participants.

Au-delà de ces préoccupations, le responsable régional a formulé des recommandations précises. Il a appelé les délégations départementales à répercuter les enseignements de cette rencontre auprès des différentes cibles de l’opération. Les structures de formation sont, quant à elles, invitées à promouvoir l’excellence et à appliquer l’approche par compétences (Apc), afin de transmettre aux apprenants des savoir-faire directement mobilisables dans le monde professionnel.

Le Délégué régional a également insisté sur l’adaptation des formations aux besoins socio-économiques, ainsi que sur le suivi-évaluation des apprenants avant, pendant et après leur parcours. Il a tendu la main aux entreprises et aux collectivités territoriales décentralisées pour multiplier les partenariats, les stages et les possibilités d’insertion. « Nous formons pour l’emploi », a-t-il rappelé en substance, soulignant que les efforts des centres perdraient une partie de leur portée sans débouchés professionnels.

La promotion du bilinguisme dans les établissements a aussi été évoquée, un responsable de centre sollicitant l’accompagnement du ministère pour les structures qui valorisent les deux langues officielles.

Des communications pour baliser la nouvelle année

La journée a été rythmée par plusieurs exposés complémentaires. Fabrice Njupuen Mouliom a présenté l’opération Jeme, tandis qu’une communication a porté sur l’implication des collectivités territoriales décentralisées, des centres de formation et des entreprises dans sa mise en œuvre.

Le bilan de l’année écoulée et les perspectives ont également occupé une place importante. Haouwa Mana, de l’Inspection régionale de formation, a présenté le volet pédagogique ; Mariama Souley, Cheffe du service de la formation et de l’orientation professionnelles, le bilan administratif ; et Diane Tebeu, directrice du Centre d’information et d’orientation professionnelle (Ciop), celui de l’orientation professionnelle.

Les échanges se sont poursuivis en ateliers, avant la restitution des travaux et la formulation de recommandations. Le programme prévoyait également la lecture du rapport général et l’allocution de clôture du gouverneur de la région du Centre.

Une dynamique saluée sur le terrain

Pour les Professionnels, cette rentrée sectorielle ouvre des perspectives encourageantes. Directeur du Centre de formation aux métiers (Cfm) de Nanga-Eboko, dans la Haute-Sanaga, Ntongo Ndo Silvain considère ce rendez-vous comme « un point d’ancrage pour l’année académique qui commence ». Selon lui, la rencontre permet aux établissements de disposer de balises pour orienter leurs actions et rendre compte à la hiérarchie de la mise en œuvre de la politique de formation des jeunes.

S’il reconnaît que la mobilisation dans son établissement reste en deçà des attentes, notamment parce que les populations connaissent encore insuffisamment les centres de formation aux métiers, il garde espoir que le message progresse. Son attente est claire : voir l’État poursuivre son accompagnement pour permettre aux centres d’atteindre les populations les plus éloignées des dispositifs de formation, notamment dans les villages. Les jeunes qui se consacrent aux travaux champêtres sans formation préalable pourraient ainsi acquérir des compétences pour faire de l’agriculture un véritable métier.

Cette satisfaction rejoint celle exprimée par Bassiongoli André II, vice-président de la Fédération nationale des associations des centres de formation professionnelle agréés. Il voit dans JEME une énergie nouvelle pour le secteur et estime que cette rentrée « honore » la formation professionnelle au Cameroun. Il souligne toutefois la nécessité de mieux suivre les apprenants après leur formation, afin de vérifier leur accès effectif à l’emploi.

À Mfou, le message est donc sans équivoque : la réussite de JEME dépendra de la mobilisation concertée de l’administration, des centres de formation, des entreprises et des collectivités territoriales. L’ambition est désormais de transformer les orientations en actions concrètes, les compétences en opportunités et la formation en emplois durables au bénéfice de la jeunesse camerounaise.

Jean Pierre Bineli

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page