ORIENTATION SCOLAIRE DANS LE WOURI : Entre choix de carrière et nouvelles vocations

Comment faire de l’orientation scolaire un véritable outil de réussite, plutôt qu’une simple formalité administrative ? C’est la question que posent, « les Journées départementales d’orientation scolaire du Wouri tenues récemment au lycée de Nyalla, à Douala.

Choisir une série, une filière ou un métier constitue l’une des décisions les plus déterminantes du parcours d’un jeune. Pourtant, au Cameroun, cette étape reste souvent marquée par le manque d’informations sur les débouchés, la méconnaissance des formations disponibles et le poids des représentations sociales. Nombre d’élèves s’engagent dans des cursus sans mesurer les exigences des métiers auxquels ils conduisent, tandis que d’autres renoncent à des vocations faute de conseils adaptés.
Les Journées d’orientation scolaire du Wouri, organisées au lycée de Nyalla, entendent justement rapprocher les apprenants des Professionnels et des institutions susceptibles d’éclairer leurs choix. La présence des forces de défense ajoute une dimension particulière à l’initiative. En présentant leurs métiers, leurs exigences et leurs perspectives de carrière, les représentants de ces corps souhaitent susciter de nouvelles vocations parmi les jeunes du secondaire.
Cette ouverture est pertinente. Elle permet aux élèves de découvrir des professions parfois méconnues, de mieux comprendre les possibilités de recrutement et de confronter leurs aspirations aux réalités du terrain. Mais l’orientation ne saurait se limiter à promouvoir des métiers, aussi importants soient-ils pour la nation.
Une orientation encore confrontée à des défis
La mission fondamentale de l’orientation scolaire consiste à aider chaque élève à identifier ses aptitudes, ses intérêts et ses possibilités, afin de construire un parcours cohérent avec son potentiel et les besoins de la société. Elle suppose un accompagnement individualisé, une information fiable sur les formations et les débouchés, ainsi qu’une connaissance actualisée du marché du travail.
Or, les établissements scolaires ne disposent pas toujours de conseillers en orientation en nombre suffisant, de ressources documentaires adaptées ou de dispositifs permettant un suivi régulier des élèves. Les effectifs importants, les contraintes matérielles et l’insuffisance des passerelles entre l’école, la formation professionnelle et les entreprises compliquent également cette mission.
À cela s’ajoutent les attentes des familles, parfois davantage guidées par le prestige social d’un métier que par les aptitudes de l’enfant. Le résultat peut être coûteux : démotivation, échecs scolaires, réorientations tardives et difficultés d’insertion professionnelle.
Faire de l’orientation une responsabilité partagée
Pour gagner en efficacité, ces journées doivent dépasser le cadre événementiel. Les pouvoirs publics gagneraient à renforcer les équipes de conseillers, à équiper les établissements en outils d’information et à intégrer davantage les réalités économiques locales dans les activités d’orientation. Un partenariat permanent avec les universités, les centres de formation professionnelle, les entreprises et les forces de défense permettrait d’organiser des rencontres métiers, des immersions et des visites professionnelles.
Les parents ont, eux aussi, un rôle déterminant : écouter les aspirations de leurs enfants, éviter les choix imposés et privilégier les compétences plutôt que les apparences. Quant aux élèves, ils doivent s’informer, explorer plusieurs pistes, interroger les Professionnels et évaluer lucidement les exigences des parcours envisagés.
À Nyalla, l’enjeu dépasse donc la découverte des métiers. Il s’agit de donner aux jeunes les moyens de choisir leur avenir en connaissance de cause, tout en répondant aux besoins de la société. Car une orientation réussie ne consiste pas à diriger tous les élèves vers les mêmes professions, mais à permettre à chacun de trouver sa voie et d’y construire une réussite durable.
Arthur Mballa



