CRÉATION D’EMPLOIS : ISTAPA forme des entrepreneurs

À Yaoundé, l’Institut supérieur des technologies agro-pastorales appliquées (ISTAPA) mise sur la pratique et la valorisation des ressources naturelles pour préparer ses étudiants à créer leurs propres activités.

Former des créateurs d’entreprises plutôt que de simples demandeurs d’emploi : c’est l’ambition de l’Institut supérieur des technologies agro-pastorales appliquées (Istapa). Créé le 10 octobre 2024, l’établissement propose cinq filières : agriculture, élevage, gestion environnementale, gestion forestière et énergies renouvelables. L’objectif est de permettre aux jeunes de générer leurs propres revenus et, à terme, d’employer d’autres personnes.
Pour Lucie Nkoa, Directrice des Affaires académiques, l’auto-emploi doit constituer le premier débouché des diplômés. « Chez nous, l’auto-emploi est le plan A. Maintenant, ça n’exclut pas qu’on ajoute la fonction publique en plan b », précise-t-elle.
Des compétences pour entreprendre
À l’Istapa, la formation privilégie l’apprentissage pratique. Chaque vendredi est consacré aux travaux pratiques, avec une priorité accordée aux compétences directement exploitables sur le marché. « À la sortie de notre école, nous ne voulons pas que nos étudiants chôment », souligne la responsable.
Les apprenants sont encouragés à diversifier leurs savoir-faire et leurs sources potentielles de revenus. Un étudiant en production végétale peut ainsi apprendre à installer des panneaux solaires, à produire des alevins ou à élever des mouches soldats noires. En gestion environnementale, la fabrication de savon liquide figure également parmi les activités abordées.
Le déchet comme matière première
L’établissement mise aussi sur l’économie circulaire pour encourager la création d’activités génératrices de revenus. Les déchets peuvent servir à produire du biogaz ou à élever des insectes destinés à l’alimentation animale. « Les déchets sont des éléments rentables. Avec les déchets, on peut élever des mouches pour nourrir les animaux. Avec les déchets, on peut toujours produire le biogaz », affirme la promotrice.
L’élevage du lapin illustre cette logique de valorisation. La viande, la peau, l’urine et les déjections peuvent constituer différents produits commercialisables. « On ne vend pas seulement le lapin, on vend les crottes de lapin, on vend les urines de lapin, on vend la peau du lapin, on vend la viande, même la viande fumée », détaille-t-elle. L’enjeu est d’apprendre aux futurs entrepreneurs à tirer plusieurs sources de revenus d’une même activité.
L’agriculture et l’élevage figurent parmi les filières les plus sollicitées par les nouveaux bacheliers. La gestion environnementale reste toutefois moins connue, malgré les débouchés que l’établissement lui attribue.
Miser sur l’autonomie financière
L’accès en première année se fait sur concours avec le baccalauréat. L’entrée en cycle licence nécessite un Bac+2, notamment un Bts, un Dts ou un Deug. Le parcours peut s’étendre sur cinq ans jusqu’au diplôme d’ingénieur de conception.
À travers cette approche, l’Istapa entend faire de la formation professionnelle un levier d’insertion et de création d’emplois. Son ambition est de donner aux jeunes les moyens de lancer des activités viables, de valoriser les ressources locales et de devenir, à leur tour, des employeurs.
PAO




