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TRAVAILLEURS ETRANGERS EN SITUATION IRREGULIERE : Le Minefop relance la traque 

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) a engagé une nouvelle campagne nationale de contrôle visant les travailleurs étrangers exerçant au Cameroun sans contrat de travail dûment visé par le ministre chargé de l’Emploi.

Les Travailleurs étrangers en situation irrégulière préoccupent à nouveau le gouvernement. En effet, depuis le 22 juin dernier, le Minefop a lancé une campagne nationale de contrôle ciblant les entreprises publiques, les sociétés privées, les grands projets ainsi que toutes les structures employant une main-d’œuvre étrangère. À travers cette initiative, les autorités veulent mettre un terme à une pratique devenue préoccupante : l’emploi de ressortissants étrangers sans visa de travail régulier, en violation des dispositions de l’article 27 du Code du travail camerounais.

Une irrégularité qui concerne plusieurs milliers de Travailleurs

Les chiffres avancés par les autorités illustrent l’ampleur du phénomène. Selon les données du gouvernement, près de 60 000 étrangers sont présents sur le territoire national avec un visa d’entrée ou un titre de séjour. Parmi eux figurent environ 16 000 détenteurs de cartes de résident, dont près de 12 000 Travailleurs chinois. Cependant, les autorités estiment qu’une part importante de cette population active ne dispose pas d’un contrat de travail régulièrement visé par le Minefop. Certains auraient intégré le marché du travail après être entrés au Cameroun avec un simple visa touristique ou de visite, sans accomplir les formalités exigées par la législation. Cette situation prive l’administration d’une visibilité réelle sur les flux de main-d’œuvre étrangère et complique les politiques nationales de l’emploi.

Un enjeu financier majeur pour l’État

Au-delà du respect de la loi, cette campagne poursuit également un objectif budgétaire. Depuis la réforme introduite par la loi de finances, les Employeurs doivent acquitter des frais de visa sur les contrats des travailleurs étrangers : l’équivalent de deux mois de salaire brut pour les travailleurs non africains ; l’équivalent d’un mois de salaire brut pour les Travailleurs africains, avec un abattement de 50 %.

Ces mesures ont déjà produit des effets significatifs sur les recettes publiques. Les revenus issus des visas de travail sont passés de 5 milliards de FCFA en 2023 à 14,46 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de près de 190 %. Les projections gouvernementales tablaient sur des recettes supérieures à 20 milliards de FCFA en 2025. Une partie de ces ressources est destinée au financement de la formation professionnelle des Camerounais, dans l’objectif d’améliorer les compétences nationales et de réduire progressivement la dépendance à la main-d’œuvre étrangère.

Préserver les emplois des nationaux

L’opération revêt également une forte dimension sociale. Pour le Minefop, le contrôle des Travailleurs étrangers participe à une meilleure régulation du marché de l’emploi. Les autorités souhaitent s’assurer que le recours à des compétences étrangères intervient uniquement lorsqu’aucune qualification locale n’est disponible. L’objectif n’est pas de remettre en cause la contribution des experts étrangers au développement économique, mais de garantir que leur recrutement respecte les procédures prévues par la loi et ne se fasse pas au détriment des travailleurs camerounais. Cette politique vise également à instaurer une concurrence plus équitable entre les entreprises. Les Employeurs respectueux des obligations administratives dénoncent depuis plusieurs années la concurrence de sociétés qui échappent aux coûts liés à la régularisation de leurs employés étrangers.

Les Employeurs au cœur du dispositif

Le Minefop rappelle que la responsabilité de solliciter le visa du contrat incombe exclusivement à l’Employeur. Conformément au Code du travail, aucun Travailleur étranger ne peut commencer son activité avant l’obtention du visa ministériel ; un refus de visa entraîne automatiquement la nullité du contrat de travail ; l’entreprise doit engager les démarches administratives avant toute prise de fonction. Le ministère invite ainsi les entreprises à régulariser sans délai la situation de leurs Personnels étrangers afin d’éviter toute infraction lors des contrôles.

Des sanctions administratives et financières

Les entreprises qui continueraient à employer des travailleurs étrangers en situation irrégulière s’exposent à plusieurs mesures coercitives. Parmi les principales sanctions figurent une pénalité équivalente à trois mois de salaire pour chaque travailleur étranger irrégulier constaté ; des sanctions administratives prévues par la réglementation du travail ; d’éventuelles poursuites ou autres mesures pécuniaires selon la gravité des infractions. Le gouvernement entend ainsi renforcer l’effectivité de la réglementation tout en sécurisant les recettes publiques issues du visa des contrats de travail.

Une nouvelle phase dans la gouvernance du marché du travail

Cette campagne qui s’étend jusqu’à décembre 2026, s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la gestion de la main-d’œuvre étrangère au Cameroun. Après plusieurs opérations de contrôle menées ces dernières années, le Minefop affiche désormais une volonté de systématiser les inspections et d’améliorer le suivi administratif des expatriés. Le message adressé aux entreprises est sans équivoque : l’emploi de Travailleurs étrangers demeure autorisé, mais uniquement dans le strict respect des procédures légales. Pour les autorités, la conformité administrative constitue désormais un levier essentiel de protection de l’emploi national, de lutte contre le travail irrégulier et de mobilisation des ressources publiques.

Bomo Makeba

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