MÉTIER D’AUXILIAIRE DE VIE : Qui sont celles et ceux qui choisissent le métier ?

Elles ont 18 ou 45 ans, sont commerçantes, femmes au foyer ou licenciées, sans oublier quelques jeunes hommes à rêver de se faire une place dans la profession d’Auxiliaire de vie. Portrait d’une nouvelle génération qui mise sur un métier d’avenir.

Qui veut devenir Auxiliaire de vie au Cameroun ? La question revient à chaque session de formation. La réponse dessine un profil très majoritairement féminin, mais de plus en plus diversifié.
Il s’agit d’abord de femmes, âgées de 18 à 45 ans. Si la loi camerounaise exige au minimum le Bepc pour accéder à la formation, les salles de classe sont en réalité bien plus hétérogènes. « On retrouve de tout, des titulaires du Bepc jusqu’aux licenciées », confie une formatrice.
Les parcours sociaux racontent la même diversité. D’anciennes Commerçantes du marché, des femmes au foyer qui veulent se reconvertir, des jeunes diplômées en quête d’un premier emploi. Deux motivations reviennent avec insistance. Il y a d’abord la motivation intime. Celles qui ont eu un proche à mobilité réduite, un parent âgé diabétique, un enfant en situation de handicap. Elles ont accompagné sans formation et veulent désormais professionnaliser ce geste de soin.
Il y a ensuite la motivation économique et migratoire. Un métier qui paie mieux ailleurs. « J’ai décidé de me former en auxiliaire de vie parce que c’est un métier qui a des débouchés partout dans le monde », nous révèle la candidate Nadine Kakmeni. Comme elle, beaucoup visent l’Europe et l’Amérique du Nord, où la demande explose au Canada et en France.
Dans ce tableau très féminin, des hommes percent, certes en petit nombre, mais avec une posture assumée. « Aucun métier n’appartient à tel genre. Moi je suis de nature humaniste, voilà pourquoi j’ai eu un penchant pour ce métier. Et ça ne me dérange pas qu’il y ait plus de filles », témoigne Jean Jacques Amogo, l’un des rares candidats masculins de sa promotion.
Au-delà du genre, le même socle humain est exigé : patience, empathie, discrétion. C’est ce qui explique le brassage social. Commerçante hier, Auxiliaire aujourd’hui, le parcours n’a rien d’anodin. Il traduit une évolution profonde des mentalités au Cameroun, où prendre soin de l’autre à domicile devient un vrai métier, pas seulement une aide familiale.
Une profession encore sans statut officiel, mais dont le profil des candidats montre déjà qu’elle répond à deux urgences : l’emploi local des femmes et le besoin d’accompagnement des personnes vulnérables.
Pauline Ada Olinga




