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AUXILIAIRE DE VIE : Un métier du quotidien encore méconnu

Dans l’ombre des blouses blanches, ces Professionnels accompagnent chaque jour des personnes âgées, malades, handicapées ou temporairement privées d’autonomie. Un métier essentiel qui peine encore à trouver toute sa place dans le paysage camerounais.

Ils sont rarement sous les projecteurs. Pourtant, leur présence peut changer le quotidien d’une personne vulnérable. Se lever, se déplacer, prendre un repas, préserver son hygiène, ne pas rester seul… Derrière ces gestes ordinaires se trouve un métier encore largement méconnu au Cameroun : celui d’auxiliaire de vie sociale (Avs).

À la frontière de l’accompagnement social, de l’aide à domicile et du maintien de l’autonomie, l’auxiliaire de vie intervient auprès de personnes dont l’autonomie est réduite, temporairement ou durablement. Et contrairement à une idée répandue, son champ d’intervention ne se limite pas aux personnes âgées. Une victime d’accident de la route immobilisée plusieurs mois, un patient ayant subi un Avc, une personne vivant avec un handicap ou encore un malade chronique peuvent également avoir besoin de ses services.

« On a déjà plusieurs catégories : l’auxiliaire de vie sociale, l’auxiliaire auprès des personnes âgées, l’auxiliaire à la petite enfance et l’auxiliaire en puériculture. Ce qu’on appelle communément “nounou” peut relever de ce type d’activité », explique Dr Jocelyne Donfack.

Accompagner sans se substituer

Le principe du métier tient en quelques mots : aider sans remplacer, accompagner sans déposséder. L’objectif est de permettre à la personne de continuer à vivre le plus dignement et le plus autonomement possible.

Au quotidien, l’auxiliaire peut aider à se lever, se déplacer, s’installer ou se recoucher, contribuer à l’hygiène, préparer les repas et veiller au confort. Mais son rôle ne s’arrête pas aux gestes pratiques. Écouter, dialoguer, rassurer, encourager et maintenir le lien social font également partie de ses missions.

Pour une personne immobilisée ou vivant seule, cette présence régulière peut constituer un rempart contre l’isolement et contribuer à préserver l’estime de soi et la dignité.

L’auxiliaire est aussi un observateur privilégié. À force de côtoyer quotidiennement la personne accompagnée, il peut détecter un changement de comportement ou une évolution de son état général et alerter les proches ou les professionnels compétents. Il ne se substitue cependant pas au personnel médical.

« Prenons le cas d’une personne âgée diabétique. Il faut lui préparer ses repas, lui donner ses médicaments, contrôler sa glycémie, savoir reconnaître une hypoglycémie ou une hyperglycémie, observer son comportement. Tout cela relève de l’auxiliaire de vie », précise encore Dr Jocelyne.

Des qualités humaines avant tout

Le métier ne consiste donc pas simplement à « aider ». Il exige patience, écoute, empathie, discrétion et rigueur. L’auxiliaire doit aussi savoir respecter les habitudes, les choix, l’intimité et les limites de la personne accompagnée. La confiance devient dès lors le socle de la relation. « Le soin, c’est prendre soin. Je dis souvent qu’une maman est déjà une personne de soin. Le métier d’auxiliaire, c’est ça : accompagner l’autre avec compétence et humanité », souligne Dr Jocelyne Donfack.

Une profession en quête de reconnaissance

Évolution des modes de vie, éloignement géographique des familles et besoins croissants d’accompagnement à domicile : autant de facteurs qui posent avec davantage d’acuité la question de la structuration de cette profession au Cameroun. La session 2026 du Certificat de qualification professionnelle (Cqp), organisée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) à Yaoundé et environs, a notamment contribué à mettre en lumière la filière Auxiliaire de vie sociale.

Encore discrète dans l’espace public, la profession cherche progressivement sa place dans la chaîne de prise en charge des personnes vulnérables. Son enjeu est pourtant fondamental : ne pas faire systématiquement à la place de l’autre, mais l’aider à accomplir ce qu’il ne peut plus faire seul, en préservant autant que possible son autonomie, son bien-être et sa dignité.

Pauline Ada

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