FREINS A LA COMPETITIVITE DES HOTELS : Le Spiht lance le Basht 2026

Fiscalité, coûts de l’énergie, concurrence informelle, accès au financement : les Professionnels de l’hôtellerie et du tourisme veulent mettre des chiffres sur les difficultés qui entravent leurs activités.

Sortir des plaintes pour construire un rapport de force. C’est l’ambition du Syndicat patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht), qui a engagé, avec le Laboratoire interdisciplinaire d’études sur le gouvernement territorial (Liegt), une opération de collecte de données destinée à établir une cartographie des contraintes professionnelles.
Lancé le 1er octobre 2026 à Douala, le Baromètre des attentes du secteur hôtelier et touristique (BASHT 2026) entend couvrir les dix régions du Cameroun afin de transformer les préoccupations du terrain en propositions concrètes aux pouvoirs publics. Les résultats sont attendus à la fin du mois d’octobre, après quatre semaines de collecte.
Pour sa Présidente nationale, Chantal Lewat, l’enjeu est de donner à la profession une expression structurée, fondée sur des réalités mesurables. Il ne s’agit plus seulement d’énumérer les difficultés, mais de les hiérarchiser, d’en mesurer les effets et de disposer d’arguments solides pour négocier avec l’administration.
Un secteur qui grandit, mais reste sous pression. Selon les données citées dans le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, le Cameroun comptait, en 2024, 1 450 établissements d’hébergement classés, contre 1 281 en 2022. Le parc totalisait environ 35 000 chambres, avec un taux moyen d’occupation annoncé à 72 %. L’hôtellerie et le tourisme contribueraient à hauteur de 4,1 % du Pib national, selon les chiffres présentés lors du lancement du baromètre.
Derrière cette progression, les fragilités demeurent. La pression fiscale et réglementaire, les dépenses énergétiques, les difficultés de financement, le déficit de compétences et les besoins de digitalisation pèsent sur les marges et limitent les investissements. À ces obstacles s’ajoute la concurrence des hébergements meublés clandestins et des activités exercées hors des circuits réglementaires, qui alimentent le sentiment d’une concurrence inéquitable.
Dix régions, une même exigence de résultats. Le Baromètre des attentes du secteur hôtelier et touristique (Basht) 2026 devra tenir compte des réalités propres aux destinations touristiques, aux grandes métropoles et aux zones moins développées. L’objectif est de produire un diagnostic exploitable, capable d’éclairer les décisions publiques en matière de fiscalité, de réglementation, d’accompagnement des entreprises et de formalisation des activités.
Reste le défi essentiel : faire de cette cartographie autre chose qu’un rapport supplémentaire. Les Professionnels attendent des mesures lisibles, un calendrier de mise en œuvre et un dialogue institutionnel régulier. Car si l’hôtellerie constitue un levier de création d’emplois, d’investissement et d’attractivité du Cameroun, sa compétitivité dépend aussi de la capacité des pouvoirs publics à lever les obstacles qui freinent les opérateurs en règle. Le Basht 2026 sera donc jugé à l’aune de son impact : les contraintes auront-elles été identifiées, chiffrées et, surtout, transformées en décisions concrètes ?
Arthur Mballa



