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ENRÔLEMENT DES TAXIS AU QR CODE : Des lenteurs administratives pointées du doigt

Avec environ 15 000 taxis encore à enrôler à Yaoundé, les retards dans la délivrance des documents des véhicules et du code QR compliquent les démarches des transporteurs. Les syndicats appellent à une meilleure fluidité des procédures.

L’identification numérique des taxis à Yaoundé se heurte à un obstacle de taille : les lenteurs administratives. Alors qu’environ 15 000 véhicules resteraient à enrôler, la disponibilité des documents exigés et les délais de traitement des dossiers pèsent sur la mise en œuvre du dispositif municipal. Pour les transporteurs, la volonté de se conformer aux nouvelles exigences ne suffit pas toujours lorsque les pièces nécessaires tardent à être délivrées.

Patrice Samen, Président de la Fédération nationale des Chauffeurs professionnels du Cameroun, dénonce les difficultés rencontrées dans les procédures de digitalisation, notamment auprès des administrations chargées des documents relatifs aux véhicules.

« Nous sommes confrontés à des problèmes pratiques dans les procédures de digitalisation. Pour obtenir certains documents relatifs aux véhicules, les transporteurs peuvent attendre jusqu’à deux mois, alors que ces pièces pourraient, selon nous, être délivrées en 72 heures », déplore-t-il.

Ces délais constituent un frein en amont de l’enrôlement. Lorsqu’un document indispensable manque, le transporteur se retrouve dans l’impossibilité de finaliser son dossier, même s’il souhaite se mettre en règle. Une situation qui pose la question de la coordination entre les services concernés et de leur capacité à répondre efficacement à l’afflux des demandes.

Deux à trois semaines pour le QR code

Une fois l’enregistrement effectué, l’attente n’est pas nécessairement terminée. Thomas Ondoa, Président du Syndicat national des conducteurs des transports urbains, interurbains et routiers du Cameroun (Synactuircam), évoque un délai de deux à trois semaines pour obtenir le code QR. Plus préoccupant, selon lui, aucun justificatif provisoire ne serait remis au transporteur au moment de l’enregistrement. « Au moment de l’enregistrement, on ne vous donne aucun élément qui témoigne qu’effectivement vous vous êtes fait enregistrer », regrette-t-il.

Cette absence de récépissé complique la situation des conducteurs dont les dossiers sont en cours de traitement, particulièrement dans un contexte marqué par les contrôles et les menaces de mise en fourrière des véhicules non identifiés.

Fluidifier pour mieux identifier

Face à ces contraintes, la réduction des délais de délivrance des documents, l’amélioration du suivi des dossiers et la remise d’un justificatif provisoire apparaissent comme des pistes concrètes. Un tel dispositif permettrait de distinguer les transporteurs qui n’ont entrepris aucune démarche de ceux qui attendent encore l’aboutissement de leur procédure.

Avec quelque 15 000 taxis encore concernés, la réussite de l’opération dépendra donc aussi de la réactivité des administrations. Car l’assainissement du transport urbain ne saurait reposer uniquement sur les obligations imposées aux chauffeurs : il exige également des procédures accessibles, rapides et transparentes.

Jean Pierre Bineli

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